Alexandre Lavet
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Frédéric Bouglé, décembre 2013


Texte écrit pour l’exposition ‘Les enfants du sabbat 15’ au CAC Creux de l’enfer, Thiers (FR).


Alexandre Lavet craint-il les affres de la page blanche ? Pas vraiment puisque pour lui La page blanche n’existe pas. L’artiste la réserve à l’espace d’exposition, clou à terre et non clou à clou, détail insignifiant mais à relever. Et ce dernier, ce presque rien, sera le seul objet d’intérêt. Cette approche sur le plein du vide touchera bien des registres de la création : photo, vidéo, sculpture, installation, arts graphiques même… tous supports sujets à l’audace de l’opération.

Ce qui excitait Marcel Proust chez Flaubert ce n’était ni la phrase ni le style, mais le « blanc », sens invisible entre les mots. L’œuvre, sous son eurythmie visuelle, sous sa formulation austère, conforte les piliers d’une pensée à pratique épurée. C’est sans doute moins le résultat d’une « réduction négative » — telle que l’aurait exprimée le philosophe Jacques Derrida — qu’une réduction positive à la contemplation d’un espace ou d’un petit objet, à retrouver aussi dans le blanc d’un œil attentif.

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