Alexandre Lavet
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Why can't we sleep?, 2022


Coton, lin, corozo
Dimensions variables

Vêtement conçu initialement pour être porté durant le vernissage de l’exposition personnelle (、ン、) à Dürst Britt & Mayhew, La Haye (NL), le 02.09.22.
Après le vernissage, le vêtement a été laissé dans l’espace comme il l’aurait été dans une chambre.

Tissu: 100% coton seersucker, OEKO-TEX
Passepoil: 100% lin
Boutons : Corozo fabriqué en France, OEKO-TEX
Fabriqué sur-mesure à Bruxelles en août 2022


À l’origine de soie, de coton d’or et d’argent, c’est le shirsakari, une étoffe somptueuse destinée aux vêtements d’apparats des princes, des rois, des empereurs, des hauts dignitaires de l’empire Moghol qui, du XVI au XIXe siècles, présidèrent aux destinées de l’Inde.

Au 19e siècle, le tissu se transforme. Après une vie de rêve dans les palais des Maharajas, le seersucker affronte la réalité quotidienne des classes ouvrières. Le coton devient la seule et unique fibre, les ouvriers et les paysans des provinces du sud de l’Inde utilisent ses formidables atouts.

Cette construction est basée sur trois dimensions : longueur, largeur et épaisseur. Une combinaison de plans qui laisse un espace libre entre la peau et le vêtement, permettant à l’air de circuler et à l’humidité corporelle de s’échapper. Fonctionnel, il est lavable, résistant, adapté au climat chaud et humide. 

Également découvert en Inde par les officiers de Sa Gracieuse Majesté pendant la période coloniale, le pyjama est l’adaptation occidentale d’un vêtement de jour confortable et ample appelé “pajama” par déformation du mot persan “payjama” qui signifie “vêtement de jambe”. Pantalon souple et ample, serré par un cordon à la taille, il s’accompagne d’une Kurta, tunique longue et fendue. Un vestiaire particulièrement commode pour la pratique des activités équestres, mais aussi pour monter à dos d’éléphant ou pour les méharistes.

Ces messieurs des colonies la rapportent volontiers dans leur mère-patrie. La garde-robe du gentleman étant déjà largement codifiée, le pyjama, composé d’un pantalon et d’une veste qui emprunte autant à la chemise qu’à la saharienne, trouve ses aises à la plage. Gabrielle “Coco” Chanel, avec une chemise ample ou un haut sans manches, pouvait allier élégance et confort. Dès 1918, elle a commencé à porter des “pyjamas de plage”. Ce pyjama, qui évoque le boudoir, est considéré comme choquant, mais l’influence de Chanel est telle qu’il devient populaire. Dès les années 1920, le pyjama est la tenue en vue pour se prélasser au bord de la mer et les créateurs rivalisent d’audace et de créativité avec des cotons à larges rayures multicolores ou des motifs brodés sur soie.

Ce n’est que dans les années 40 que le pyjama devient une tenue de nuit. Considéré comme plus masculin et plus moderne que la liquette ou la chemise de nuit, notamment grâce à ses deux pièces rappelant le costume, alors que le vêtement de nuit traditionnel évoque la robe, le pyjama devient l’atout de l’homme et de la femme moderne dans la chambre à coucher.


Ce vêtement a été conçu en combinant les codes des costumes décontractés, des vêtements de travail, et les éléments plus classiques du pyjama actuel. À porter en intérieur ou à l’extérieur, pour hommes ou femmes.
Vous pouvez commander le vôtre, sur-mesure, en me contactant.


Portrait dans l’exposition (、ン、), Dürst Britt & Mayhew, La Haye (NL)
Détail
Détail
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Vue d’exposition. (、ン、), Dürst Britt & Mayhew, La Haye (NL)